sur la piste tzigane

sur la piste tzigane
Dans le camp tsigane des mineurs voleurs

RODÉOS
Le camp des Roms, à Saint-Vulbas, près de Lyon: un lieu boueux où les esprits s'échauffent vite. Deux des jeunes auteurs des courses-poursuites de ces dernières semaines en proviennent. Reportage.

LAURENT ANTONOFF
Publié le 16 décembre 2006



Lourde ambiance. On comptait une cinquantaine de caravanes sur le camp en début de semaine. Il en restait une vingtaine jeudi. Des sacs-poubelle et papiers jonchent les alentours. L'«avantage» de l'endroit, sa proximité avec l'autoroute A42. Genève n'est qu'à soixante minutes de voiture. / CHRIS BLASER
L'homme donne un coup de pied rageur dans le feu qui fume. Le brouillard est épais. On ne se voit pas à dix mètres. Autour du brasier: des femmes dans de longs manteaux, des nez d'enfants qui coulent, une poignée de jeunes adultes en costume sombre, assis sur des chaises en plastique. «Vous voulez savoir quoi au juste? Si on envoie nos enfants vous voler? Vous êtes de la police secrète?» Le ton monte rapidement. C'est de ce camp de Roms, situé dans un champ boueux de Saint- Vulbas (Ain), que deux mineurs sont venus se frotter avec les forces de l'ordre vaudoises, au début du mois de décembre.

Saint-Vulbas, sa centrale nucléaire, ses Gitans

Les deux jeunes Roms de 15 et 13 ans, interpellés par les policiers vaudois sur sol français après une folle course-poursuite, ont reconnu venir de Meximieux dans l'Ain (France). Une bourgade de 7000 habitants située à 35 kilomètres de Lyon. Pas la banlieue avec ses locatifs sans fin. Non. Plutôt la ville à la campagne. Son maire est formel: «Les gitans qui vous intéressent ne sont plus chez nous. Heureusement. Ceux qui sont encore sur ma commune, ce sont des Français. Ils viennent de Dijon. Ils sont charmants. Les autres proviennent des pays de l'Est. Vous les recherchez? Méfiez-vous. Ils n'ont que peu de morale...»

Le camp de Roms en question, le seul dans cette région dont les membres sont originaires de Croatie, s'est en fait déplacé un peu plus au Sud. Il s'est scindé avant de se regrouper il y a quelques jours à Saint Vulbas, commune de 800 habitants connue pour sa centrale nucléaire de Bugey. L'Office du tourisme y vante sa proximité avec Genève: 60 minutes par l'autoroute. Sur le camp, on comptait cinquante caravanes en début de semaine. Il n'y en a plus qu'une vingtaine aujourd'hui. Les Roms sont en mouvement.

«Des plaques d'immatriculation, ils en ont un tas»

«Nous sommes Italiens et nous ne parlons pas une autre langue», avertit d'emblée un Rom. Il n'est pas le chef du clan. Ce n'est pas ainsi que le groupe fonctionne. Tout le monde peut prendre la parole. D'ailleurs autour du feu, tout le monde la prend... en même temps. Rapide coup d'½il alentours. Les voitures sont indifféremment immatriculées en France, en Italie, en Belgique et en Allemagne. «Regardez bien ces voitures. Il arrive fréquemment que la plaque avant ne corresponde pas à la plaque arrière. Des plaques, ils en ont un tas», nous avait prévenus un gendarme. Il y a beaucoup d'immondices au bord de la route. Des sacs poubelle. Des papiers. Une caravane est totalement désossée. Ces personnes ont-elles entendu parler de mineurs venus voler en Suisse? «On n'est pas les seuls gitans ici! Il y a plein de camps dans la région. Je ne vois pas de quoi vous parlez!»

Ce qu'ils font là? Où est le reste des hommes? Où sont les adolescents? Comment vivent-ils? Connaissent-ils les familles des jeunes Roms incarcérés? Des questions qui marqueront le début de l'énervement autour du brasier. Les Roms s'agitent. On s'échauffe. Il est temps de lever le camp.

«Ils ne sont pas installés près de l'autoroute pour rien»
Interview express
Denis Tardieu Commandant de la communauté de Brigade de Lagnieu




Connaissez-vous ce camp de Roms originaires de Croatie?
Oui. Cela fait maintenant six mois qu'ils se sont installés dans la région. Ils sont arrivés à Ambronay, se sont déplacés à Loyettes puis à Meximieux. Ils se sont récemment regroupés à Saint-Vulbas et à Chazey. On pourrait se dire qu'ils se regroupent pour partir, mais il n'en est rien.
Vous contrôlez ces camps?
Nous nous rendons sur place dès qu'on nous signale un nouveau camp. On contrôle les identités. On vérifie les papiers des véhicules. C'est tout ce que nous pouvons faire. Ils sont très bien organisés. Généralement, ils occupent deux ou trois terrains différents. Ainsi, s'ils se font expulser d'un champ, ils ont toujours une solution de repli pas loin. Ceci dit, on ne procède qu'à de très rares expulsions, quand bien même ces gitans occupent des terrains privés. La procédure est longue pour le propriétaire. Il doit porter plainte. Le maire de la commune doit ensuite se prononcer. C'est plutôt décourageant pour les propriétaires des terrains.
Collaborez-vous avec les autorités suisses?
Oui. C'est arrivé il y a un mois et demi. Nous avons stoppé une Audi A4 à Meximieux justement. Ses occupants, des gitans, avaient commis des infractions en Suisse et au Pays de Gex. Nous avons arrêté deux personnes. Cela a mobilisé huitante gendarmes, dont les quarante-cinq hommes et femmes que je commande.
Votre région est-elle une base arrière pour les gitans qui viennent commettre des vols en Suisse?
Je ne peux pas vous donner mon sentiment à ce sujet... Tout ce que je peux dire, c'est qu'ils ne sont pas installés à proximité d'un axe autoroutier pour rien.

# Posted on Sunday, 17 December 2006 at 7:26 AM

Edited on Sunday, 28 December 2008 at 4:55 PM

SUR LA PISTE TZIGANE

SUR LA PISTE TZIGANE
Sur la piste tsigane

FRANCE Les jeunes Roms qui commettent des cambriolages et défient la police sur les routes romandes sont stationnés de l'autre côté de la frontière

CAMILLE KRAFFT
16 décembre 2006
Ils passent la frontière vers la Suisse avec quatre coussins sous les fesses pour atteindre le volant. Et en reviennent avec des bijoux volés, qu'ils fondent ou revendent. Point commun de ces jeunes tsiganes qui défient les policiers romands dans des rodéos routiers: ils sont originaires de l'Est, et sont stationnés en France. La police cite régulièrement la banlieue de Lyon et Annemasse. «Le Matin dimanche» a suivi leurs traces.

Poste-frontière de Perly (GE): des enfants kamikazes au volant
Les tsiganes? Haussements d'épaules blasés, jeudi après-midi, au poste-frontière de Perly, près de Genève. A la douane, il y a bien sûr les kilos de viande en trop, et les «bonjour monsieur, papiers d'identité s'il-vous-plaît».

Et puis il y a ces chemins de campagne, où les gardes-frontières rencontrent une réalité autrement plus corsée. Un cas par semaine de violence (contrôle forcé ou tentative de fuite) en moyenne dans la région depuis le mois de juillet. C'est 25% de plus que l'an dernier. Des truands? Non, des enfants. «Dans 90% des cas, ce sont des mineurs itinérants», affirme le Sergent R., à la dégaine de Rambo.

Ces Tsiganes tentent de passer la frontière à pied ou en voiture. A Perly, les gardes-frontières se cassent les dents sur des gamines de 12 ans qui manient le volant sans aucune notion du risque. Dans leurs véhicules, souvent achetés à bon marché juste avant la casse, ils retrouvent régulièrement la boîte à outils du parfait cambrioleur.

«S'ils sont chargés (ndlr: qu'ils ont commis un délit), ils sont dangereux car ils peuvent utiliser leur voiture comme une arme», ajoute le sergent, qui se sent souvent impuissant. «Ces mineurs commettent des délits, pas des crimes. On ne peut quand même pas leur tirer dessus.» En cas d'abandon du véhicule et de fuite dans les champs, le sergent R. lâche son chien, qui peut croquer les mollets.

Doù viennent ces délinquants? «Ils disent souvent qu'ils stationnent dans la région d'Annemasse, mais c'est juste pour répondre quelque chose», lâche le sergent. En réalité, comme le confirme un gendarme français, les Tsiganes viennent souvent de camps établis plus loin, dans l'Ain ou dans la banlieue de Lyon.

Annemasse: les nomades français prennent leurs distances
Jour de grand nettoyage jeudi après-midi sur l'aire pour «gens de voyage» de Viry, près d'Annemasse. Les draps prennent le soleil dans la quiétude de la campagne, troublée par le seul bruit de la route nationale. Stéphane Welty est en train d'astiquer son camping-car. Forain l'été, il vend des matelas lorsqu'il fait trop froid pour faire tourner les carrousels. Voilà deux mois qu'il stationne sur cette aire. Il est entouré de nomades français, exclusivement.

Lorsqu'on évoque les délits commis en Suisse par des «Gitans de la région d'Annemasse», ça l'agace, car il craint les amalgames. «Quand des Roms sont dans le coin, on ne laisse rien traîner. On ne leur permet jamais d'entrer sur les aires officielles. On a été élevés comme ça. Les anciens ne se mélangeaient déjà pas avec ces gens-là.» Savoyard d'origine, Stéphane Welty se dit lui-même discriminé par «les sédentaires». Comme quoi, on est toujours le Gitan d'un autre...

De l'Ain à la Romandie, le périple des mineurs cambrioleurs
Campagne de Meximieux (Ain), vendredi matin. Pas un signe de vie sur les champs somnolant dans la brume. Une forêt, une rivière, et soudain un camp de Tsiganes, où brûle un immense feu. Une femme sourit de ses dents en or, encourage les gadjé (étrangers) à approcher. Elle parle italien, se dit croate d'origine. Les voitures sont immatriculées en Italie, en France et en Belgique.

Mardi dernier, deux Roms de 15 et 23 ans ont été interpellées à Crassier (VD), après une course-poursuite. Selon la police vaudoise, les jeunes filles étaient stationnées à Meximieux, qui ne compte actuellement que deux camps. Dont celui-là, établi depuis une dizaine de jours.

Nos interlocuteurs se sentent-ils concernés? Autour du feu, on accueille la question sans sourciller. «Nous vendons des fleurs et des tapis sur les marchés», se contente de répondre un homme aux yeux clairs. Une adolescente francophone se renseigne, demande quels sont les faits reprochés. Sa mère change de conversation, montre le feu en dodelinant de la tête. «Voyez, c'est ça la vie de gitan», lâche-t-elle dans un sourire fatigué. Bientôt, ils repartiront sur Paris. D'où viennent les délinquants? Nous n'en saurons pas plus.

Dans la banlieue de Lyon, un bidonville de Tsiganes roumains
Un terrain vague bétonné, des baraquements de fortunes faits de palettes en bois. Et le froid. Nous ne sommes pas en Europe centrale, mais à Vaux-en-Velin, dans la banlieue de Lyon. Ici se sont installés en septembre quelque 300 Tsiganes de Roumanie. ««La vie est très dure là-bas pour les Roms», explique Covac, jeune papa. Que sont-ils venus faire en France? «On est venus chercher la liberté, mais on n'a rien. Beaucoup sont obligés de mendier, il y en a qui volent. Mais nous ne sommes pas des criminels.» Qu'en pense la police?

© Le Matin Online

# Posted on Sunday, 17 December 2006 at 7:49 AM

Edited on Sunday, 28 December 2008 at 4:56 PM

Ces jeunes Gitans n`ont peur de rien

Ces jeunes Gitans n`ont peur de rien
«Ces jeunes Gitans n'ont peur de rien»

RODÉOS ROUTIERS Des bandes de jeunes cambrioleurs venus de France n'hésitent pas à défier la police sur les routes à vive allure. Les moyens d'intervention existent, comme la herse. En dernier recours

JEAN-FRANÇOIS KRÄHENBÜHL
20 novembre 2006
Les courses-poursuites dantesques se sont succédé ces dernières semaines sur les routes vaudoises. Au début du mois, trois jeunes Gitans âgés de 20 à... 12 ans ont défié la police à 200 km/h sur l'A1. En plein jour! La semaine dernière, deux rodéos nocturnes simultanés ont nécessité l'intervention de nombreuses patrouilles. Simple hasard? «Nous n'avons pas de statistiques, explique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Mais cela n'est pas dû au hasard: nous avons affaire à des jeunes gens extrêmement déterminés et inconscients.» Des jeunes Gitans provenant d'Annemasse et de Mulhouse, venus pour opérer des cambriolages dans le canton, sont pointés du doigt par les autorités.

Moyens proportionnés
La témérité de ces malfrats est sans limite: pour échapper aux patrouilles, ils n'hésitent pas à foncer sur les routes et autoroutes à des vitesses folles. Pour les arrêter, la police les prend en chasse tout en respectant les principes «de prudence et de proportionnalité, explique le capitaine Dominique Rossi, chef de la circulation routière du canton de Vaud. Nous faisons courir le minimum de risques à nos policiers de même qu'aux autres usagers de la route.» «Nos hommes sont formés à la conduite à grande vitesse, notamment sur l'ancien aérodrome militaire de Tourtemagne (VS)», ajoute Jean-Christophe Sauterel.

Après les avertissements par sirène et feux bleus, voire les injonctions par haut-parleur, il reste alors des solutions plus radicales, comme placer un camion réquisitionné en travers de la chaussée, comme ce fut le cas la semaine dernière, ou encore recourir à l'usage de la herse. «Il s'agit d'un moyen d'intervention lourd», commente le porte-parole de la police. Le déploiement de cet engin en travers de la route s'effectue en quelques secondes: les clous, creux, restent dans le pneu et occasionnent une crevaison lente. «La herse n'est pas toujours dissuasive, déplore Dominique Rossi. Ils roulent des kilomètres sur les jantes et n'ont pas peur de faire de la casse...»

© Le Matin Online

# Posted on Sunday, 17 December 2006 at 7:58 AM

Edited on Sunday, 28 December 2008 at 4:56 PM

Gitan de 14 ans

Gitan de 14 ans
A nouveau une course-poursuite sur La Côte, un jeune Gitan de quatorze ans interpellé

Une nouvelle course poursuite s'est produite mercredi 13 décembre 2006, peu avant midi entre Bursinel et Pampigny. Le conducteur du véhicule en fuite, un jeune Gitan de quatorze ans, a été interpellé par la Police cantonale. Ses deux passagères sont parvenues à prendre la fuite à pied et n'ont pas été localisées pour l'instant.

Mercredi 13 décembre 2006, peu avant midi, une habitante de Bursinel a signalé la présence d'un véhicule suspect à proximité du cimetière. Une patrouille de la Police cantonale a tenté d'intercepter cette voiture qui, au lieu d'obtempérer, a pris la fuite à vive allure. Ce véhicule, occupé par un homme et deux femmes, porte des plaques d'immatriculation signalées volées en France. Une course poursuite s'est alors engagée en direction de Colombier-sur-Morges, Echichens, puis Pampigny. A cet endroit, les deux passagères sont rapidement descendues du véhicule et sont parties à pied, alors que le fuyard reprenait sa course, seul. Au cours de sa fuite, il a été vu jeter par la fenêtre une mallette qui a été récupérée par les policiers. Des bijoux de provenance suspecte ont été découverts à l'intérieur. Le véhicule a été retrouvé peu après à l'Isle au moment où des témoins informaient la police qu'un homme correspondant au signalement du fuyard, venait de prendre un taxi pour Morges. Il a été interpellé à la sortie du village par les policiers et a été identifié comme étant le conducteur de la voiture en fuite. Il s'agit d'un jeune Gitan de quatorze ans, domicilié en France.

Les deux passagères n'ont pas été interpellées pour l'instant et les recherches se poursuivent dans la région avec la collaboration de la brigade canine. Cette affaire a nécessité l'intervention de seize patrouilles de la Police cantonale et des Polices municipales de la région.

L'enquête est menée par les inspecteurs du groupe judiciaire de la police de sûreté qui devront établir l'entier de l'activité délictueuse du suspect.

Le Président du Tribunal des mineurs à Lausanne a ouvert une enquête pénale et placé cet adolescent en détention préventive pour les besoins de l'enquête.

# Posted on Sunday, 17 December 2006 at 8:03 AM

Edited on Sunday, 28 December 2008 at 4:57 PM

CES TZIGANES QUI PROFITENT DE LA VILLE POUR LE GÎTE ET LE COUVERT

CES TZIGANES QUI PROFITENT DE LA VILLE POUR LE GÎTE ET LE COUVERT
Ces Tsiganes qui profitent de la Ville pour le gîte et le couvert

CHARITÉ Les structures d'accueil genevoises victimes du tourisme social. Un nombre croissant de Roumains et de Gitans consomment les repas offerts par la Municipalité aux plus démunis. Inquiète, celle-ci a contacté l'ambassade de Roumanie

SEMAJA FULPIUS ET MICHEL JEANNERET
09 décembre 2006
De plus en plus de Roumains et de gitans ont recours aux structures sociales de la Ville de Genève pour s'assurer un couvert et un gîte. Leur fréquentation toujours plus élevée de ces lieux d'accueil limités inquiète la Municipalité. Celle-ci a récemment contacté l'ambassade de Roumanie, afin de trouver une solution au problème. Car ces structures sont initialement prévues pour donner un soutien à une population défavorisée qui n'est pas en transit.

«L'ennui, c'est que les Roms restent environ trois mois puis repartent, il n'y a aucun moyen de leur offrir un suivi», confirme un éducateur. Une source évoque même un réseau organisé: une camionnette déposerait régulièrement des familles en ville, en leur indiquant les endroits où ils peuvent aller. Ainsi, sur les deux cents repas que distribue chaque jour un des centres de la rive gauche, une quarantaine bénéficie aux populations tsiganes de passage.

Du tourisme social à Genève? Véronique Pürro refuse catégoriquement l'usage de ces termes. «On peut parler de tourisme économique, corrige la Directrice du service social de la ville. Si les Roms viennent chez nous, c'est parce qu'ils peuvent gagner un peu d'argent en mendiant.» Madame Pürro refuse d'évoquer un problème, mais elle confirme pourtant avoir contacté l'ambassade roumaine pour solliciter une collaboration.

De quelle manière? «La Roumanie engage aujourd'hui des Chinois pour accomplir certaines tâches dont les Roumains ne veulent plus, relève Manuel Tornare, chef du Département des Affaires sociales de la Ville. Pourquoi n'utiliserait-elle pas ces ressortissants pour accomplir ce type de travaux? Il s'agit d'une piste à explorer. C'est peut-être regrettable, mais on ne peut pas soulager la misère du monde.»

Véronique Pürro admet que les structures d'accueil ne doivent pas faire d'appel d'air. «Nous avons fait venir un traducteur pour expliquer à certaines familles qu'on ne pouvait pas toutes les accueillir. Mais quand elles sont là, en hiver, notre mission reste de secourir des gens».

La protection civile - qui offre un lit aux sans-abri - tente de renforcer ses exigences. Une charge difficilement applicable pour les éducateurs, tiraillés entre la volonté de contrer les abus et la réalité du terrain. «Nous sommes démunis face à des gens précarisés, même si nous ne devons pas les encourager», explique l'un d'eux.

© Le Matin Online

# Posted on Sunday, 17 December 2006 at 8:18 AM

Edited on Sunday, 28 December 2008 at 4:57 PM