Ils deviennent indésirables et tombent, dès la fin du XVe siècle, sous le coup de décrets qui vont de l'expulsion pure et simple à l'exigence de sédentarisation : ce ne sont pas les Tziganes qui sont visés, mais les nomades. Les récalcitrants sont emprisonnés, mutilés, envoyés aux galères ou dans les colonies, et même exécutés. La récurrence de ces mesures montre leur manque d'efficacité, sauf aux Pays-Bas, qui parviennent à tous les expulser au milieu du XIXe siècle.
Mais de tels constats peuvent être établis à propos de tous les nomades du monde, sans exception, y compris les communautés auto-suffisantes et isolées (Amazonie, Asie du Sud-Est, Sahara, etc.), et les politiques de rétorsion ou d'assimilation forcée les ont visés probablement depuis l'opposition entre agriculteurs ou éleveurs sédentaires et les nomades.
Des seigneurs continuent à accueillir et protéger des tribus sur leurs terres, contre la volonté du pouvoir central, puisque leurs talents de musiciens et de danseurs sont très prisés. Ils sont tenus en esclavage en Roumanie, de 1370 à 1856, pour les empêcher de priver les puissants du divertissement de leur compagnie. Vers la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l'Europe éclairée alterne coercition et recherche de solutions «humaines» pour les sédentariser, d'autant que les Bohémiens retrouvent avec la Révolution et le mouvement romantique une image plus positive empreinte de liberté. En Hongrie, on leur donne des terres et des bêtes, qu'ils revendent aussitôt à leurs voisins pour reprendre la route. L'échec de la plupart de ces politiques n'est pourtant pas une règle absolue, et une partie de la population nomade se sédentarise.
Au Siècle des Lumières, l'Espagne a essayé brièvement d'éliminer le statut de marginal des Rroms en tentant d'interdire l'emploi du mot gitano, et d'assimiler les Rroms dans la population en les forçant à abandonner leur langue et leur style de vie — et effort fut évidemment vain. Plus récemment, le pouvoir mauritanien a engagé une politique semblable à l'encontre de groupes Touaregs, avec le même résultat. En Amérique du Nord, les Espagnols, puis les Américains, ont toujours préféré les Pueblos aux «bandes» (nomades), évidemment taxées de pillage. Ce problème est universel.
La persécution des Rroms atteint son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque l'Allemagne nazie extermine un grand nombre de Rroms. Comme les Juifs, les Rroms sont condamnés à la destruction, sont forcés à travailler, sont emprisonnés dans des camps de concentration, ou simplement sont tués à vue. On pense que 400 000 Rroms furent assassinés. Voir Porajmos
Une affiche de Valachie de 1852 annonçant une vente aux enchères d'esclaves rromsBeaucoup de Rroms continuent à vivre selon leur mode de vie nomade, en voyageant en roulottes ou en caravanes, mais souvent en Europe orientale, ils vivent en communautés marginales au taux de chômage élevé. Quelquefois (par exemple chez les Kalderash de Roumanie, qui travaillent traditionnellement le cuivre), ils ont prospéré.
À ce jour, il y a toujours des heurts entre les Rroms et la population sédentaire environnante. On se plaint que les Rroms volent et vivent en marge de la société, et les autochtones rejettent souvent leurs campements. Au Royaume-Uni, les travellers (voyageurs, en référence à la fois aux Irish Travellers et aux Rroms) sont devenus en 2005 un enjeu électoral, quand le chef du Parti conservateur promit de réviser l'Acte des droits de l'Homme de 1998. Cette loi, qui englobe la Convention européenne sur les droits de l'Homme dans la législation du Royaume-Uni, est considérée par beaucoup comme permettant de garantir le droit rétrospectif de planification. Les pressions importantes de la population avaient conduit les travellers à acheter des terres, et à s'établir en contournant ainsi les restrictions de planification imposées sur les autres membres locaux de la communauté.