RODÉOS ROUTIERS Des bandes de jeunes cambrioleurs venus de France n'hésitent pas à défier la police sur les routes à vive allure. Les moyens d'intervention existent, comme la herse. En dernier recours
JEAN-FRANÇOIS KRÄHENBÜHL
20 novembre 2006
Les courses-poursuites dantesques se sont succédé ces dernières semaines sur les routes vaudoises. Au début du mois, trois jeunes Gitans âgés de 20 à... 12 ans ont défié la police à 200 km/h sur l'A1. En plein jour! La semaine dernière, deux rodéos nocturnes simultanés ont nécessité l'intervention de nombreuses patrouilles. Simple hasard? «Nous n'avons pas de statistiques, explique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Mais cela n'est pas dû au hasard: nous avons affaire à des jeunes gens extrêmement déterminés et inconscients.» Des jeunes Gitans provenant d'Annemasse et de Mulhouse, venus pour opérer des cambriolages dans le canton, sont pointés du doigt par les autorités.
Moyens proportionnés
La témérité de ces malfrats est sans limite: pour échapper aux patrouilles, ils n'hésitent pas à foncer sur les routes et autoroutes à des vitesses folles. Pour les arrêter, la police les prend en chasse tout en respectant les principes «de prudence et de proportionnalité, explique le capitaine Dominique Rossi, chef de la circulation routière du canton de Vaud. Nous faisons courir le minimum de risques à nos policiers de même qu'aux autres usagers de la route.» «Nos hommes sont formés à la conduite à grande vitesse, notamment sur l'ancien aérodrome militaire de Tourtemagne (VS)», ajoute Jean-Christophe Sauterel.
Après les avertissements par sirène et feux bleus, voire les injonctions par haut-parleur, il reste alors des solutions plus radicales, comme placer un camion réquisitionné en travers de la chaussée, comme ce fut le cas la semaine dernière, ou encore recourir à l'usage de la herse. «Il s'agit d'un moyen d'intervention lourd», commente le porte-parole de la police. Le déploiement de cet engin en travers de la route s'effectue en quelques secondes: les clous, creux, restent dans le pneu et occasionnent une crevaison lente. «La herse n'est pas toujours dissuasive, déplore Dominique Rossi. Ils roulent des kilomètres sur les jantes et n'ont pas peur de faire de la casse...»
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